• Traitement de l'Hémochromatose (Le point de vue de l'Infirmière)

    Traitement de l'Hémochromatose/

    Saignées - Mode d'emploi

    Le point de vue de l'Infirmière

    C Tréguier
    CH de Saint Brieuc

      Mise à jour le 02 mars 2002

    Responsable de la page: Docteur JC Barbare - CH Compiègne

     

    La saignée est effectuée par une infirmière sur prescription médicale. Le médecin indique la quantité de sang à retirer (400 cc) et détermine le rythme des saignées en fonction des antécédents, du poids, de la taille et de l’âge du patient.

    I) la première saignée :

    a) la première fois : avant toute chose, l’infirmière peut éventuellement demander au patient s’il a déjà donné du sang au Centre de Transfusion : le principe en est le même.
    Ensuite, elle explique au patient le geste qu’elle va effectuer et qui se résume à introduire une aiguille de gros diamètre dans une veine du bras (au pli du coude), là où elle se voit le mieux.
    Le garrot reste en place durant toute la saignée.


    b) l’acte lui-même : Tout d’abord, l’infirmière doit commencer par prendre les constantes du patient, son pouls, sa tension artérielle (si la tension artérielle est trop basse, inférieure à 10, différer la saignée) et lui demander de s’installer confortablement dans le fauteuil à prélèvement, voire en position semi-allongée.
    La saignée dure en moyenne 10 à 15 minutes.
    Elle est faite avec des poches pour phlébotomies stériles sur lesquelles sont adaptées un Vacutener afin de prélever des échantillons de sang.
    La poche se pose sur une balance de cuisine qui indique le poids de sang retiré.
    Un clamp permet de fermer la tubulure en fin de saignée.
    Quand l’aiguille est retirée du bras, le patient comprime le point de ponction avec une compresse et du COALGAN.
    La poche de sang est ensuite jetée dans un SEPTIBOX pour ensuite être détruite.


    Il est parfois nécessaire de prendre la tension artérielle si le patient se sent fatigué ou s’il a une sensation de malaise (il peut en effet faire une chute de tension artérielle ou un malaise vagal). Il lui suffit de prendre le temps de récupérer en position semi-allongée dans le fauteuil à prélèvements.

    Il est demandé au patient de compenser la perte sanguine par un liquide (eau – jus d’orange –café…) qu’il prendra en salle d’attente avec une petite collation : c’est un temps de repos et de récupération avant que le patient puisse repartir chez lui. Son passage à l’hôpital a duré en moyenne 20 à 30 minutes.

    c) les suites à domicile : le patient saigné peut ressentir une fatigue physique le jour même, quelquefois le lendemain mais rarement plus.
    D’autres ne ressentent aucun effet secondaire mais plutôt une amélioration de leurs symptômes quotidiens.


    II) surveillance et conduite à tenir :

    a) une feuille de surveillance individuelle : Elle récapitule chaque passage dans le service (voir l’annexe).
    On note sa tension artérielle, son pouls, la quantité de sang enlevé, les résultats de prise de sang, des remarques éventuelles en cas de malaise, de fatigue et les contrôles échographiques.

    b) le rythme des saignées : elles se font sur prescription médicale et dans la majorité des cas le patient débute ses saignées en venant toutes les semaines (traitement d’attaque).
    Une analyse de sang (N.F.S, Fer, Ferritine, Taux de saturation) est faite toutes les 4 semaines jusqu’à obtention d’une saturation et d’une ferritine inférieure à 50. (La surveillance de l’hémoglobine a aussi son importance : risque d’anémie)
    Les saignées seront espacées selon la prescription du médecin :

        - tous les mois avec un bilan sanguin 1 fois sur 2.
        - toutes les 6 semaines avec un bilan sanguin 1 fois sur 2.
        - tous les 2 mois avec un bilan sanguin à chaque fois.
        - tous les 3 mois avec un bilan sanguin à chaque fois.

    On obtient alors un rythme de saignées dit « d’entretien » avec une surveillance biologique pouvant espacer ou rapprocher le rythme des saignées en fonction des résultats.

    c) les échographies abdominales : Suivant les cas, une surveillance échographique du foie est faite 1 à 2 fois par an.
    L’échographie est généralement effectuée le même jour que la saignée.
    La biologie est complétée par un bilan hépatique, lipidique, coagulation, ionogramme et alpha-foeto-protéine.


    III) la prise en charge a long terme :

    Les patients traités sur un rythme « d’entretien » se gèrent bien.
    Toujours après la prise de la tension artérielle, c’est souvent le patient lui-même qui indique le bras à piquer.

    - il souhaite alterner le bras droit et le bras gauche à chaque passage.
    - « Ce bras là, marche mieux que l’autre ! »

    La plupart des patients ne prennent pas l’hémochromatose comme une maladie : le fait de passer ½ heure à l’hôpital, 4 à 6 fois par an n’est plus une contrainte.




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